Les implications macroéconomiques de l’analyse des données financières : quand la tarification du risque est industrialisée
Les données des rapports sectoriels montrent que la taille du marché mondial de l’analyse financière passe de 9,57 milliards de dollars en 2022 à 19,8 milliards de dollars à l’horizon 2030, avec un taux de croissance annuel composé de 9,8 %, nettement supérieur au rythme de croissance nominale tendanciel de l’économie mondiale à long terme, ce qui indique qu’il ne s’agit pas d’un remplacement technologique ponctuel, mais d’une courbe de pénétration continue. Cet article ne traite pas des choix technologiques d’une institution particulière, mais replace quatre types d’analyse de données financières (descriptive, diagnostique, prédictive, prescriptive) dans un cadre macroéconomique : comment la baisse du coût marginal de la tarification du risque élargit la couverture du système de crédit, comment le trading algorithmique et la prévision de volatilité recomposent la structure de liquidité, comment l’empreinte des données, en remplaçant les revenus et les garanties, redéfinit l’inclusion et l’exclusion financières, et comment les caractéristiques de rendements d’échelle des capacités d’analyse de données favorisent l’augmentation de la concentration du système financier. L’article examine en outre les tensions structurelles au niveau mondial, telles que la souveraineté des données, la fragmentation réglementaire, l’homogénéisation des modèles et la procyclicité, et formule une appréciation de long terme.